La réponse courte : oui, très probablement. La tranche d’âge concernée est large, et les données de Santé publique France publiées en avril 2026 montrent que la majorité des adolescents ne sont pas encore vaccinés. Selon le sexe de votre enfant, la probabilité qu’il ou elle ait déjà reçu une première dose varie sensiblement – et dans tous les cas, la première étape est de vérifier le carnet de santé, pas de supposer.
Pourquoi les garçons sont aussi concernés que les filles
Pendant longtemps, le vaccin HPV a été associé dans les esprits à la prévention du cancer du col de l’utérus. C’est compréhensible, mais c’est incomplet. Les papillomavirus humains (HPV) sont impliqués dans plusieurs types de cancers qui touchent aussi les hommes : cancers de l’oropharynx, cancers anaux, cancers du pénis. La vaccination protège donc aussi les garçons directement, pas seulement de façon indirecte.
C’est pourquoi la recommandation vaccinale s’adresse aujourd’hui à tous les adolescents, filles et garçons. Si vous avez un fils et que vous n’avez jamais envisagé ce vaccin pour lui, vous n’êtes pas seul dans ce cas – mais c’est précisément là que le retard est le plus marqué en France.
Où en est la France en 2025
Selon Santé publique France (données 2025), 61,6 % des filles de 15 ans avaient reçu au moins une première dose du vaccin HPV. C’est une progression réelle par rapport aux années précédentes – elles étaient 58,4 % en 2024 et 54,6 % en 2023. Mais cela signifie aussi que près de 4 filles sur 10 de cet âge n’avaient pas encore démarré leur vaccination.
Chez les garçons, la progression est plus frappante encore : 46 % des garçons de 15 ans avaient reçu une première dose en 2025, contre 36,9 % en 2024 et 25,9 % en 2023. En deux ans, la couverture a pratiquement doublé. C’est encourageant, mais cela reste sous la moitié des garçons concernés – plus d’un garçon sur deux n’avait donc pas encore commencé son schéma vaccinal.
Ces chiffres portent sur la première dose uniquement. La couverture pour un schéma complet est nécessairement inférieure. Autrement dit, même parmi les adolescents qui ont commencé, certains n’ont pas terminé.
L’objectif 2030 et ce qu’il dit sur le calendrier de vos enfants
La Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 fixe un objectif de 80 % de couverture vaccinale HPV d’ici 2030. Avec 61,6 % chez les filles et 46 % chez les garçons, il reste un écart substantiel à combler – particulièrement du côté des garçons.
Cet objectif ne crée pas une urgence artificielle, mais il traduit quelque chose de concret pour les familles : chaque année qui passe compte dans le calendrier vaccinal d’un adolescent. Le vaccin est plus efficace quand il est administré avant les premiers contacts avec le virus, c’est-à-dire tôt dans l’adolescence. Votre médecin traitant ou pédiatre est le mieux placé pour vous dire si l’âge de votre enfant s’inscrit encore dans la fenêtre optimale – et la réponse, dans la grande majorité des cas entre 11 et 19 ans, est oui. Les questions sur le statut juridique des vaccins recommandés reviennent souvent dans ces situations : le vaccin HPV n’est pas obligatoire, mais il est recommandé et pris en charge.
Ce que vous pouvez faire maintenant
Deux gestes suffisent pour avancer : sortir le carnet de santé de votre enfant, et prendre rendez-vous avec son médecin ou son pédiatre.
Attention à un cas fréquent : une première dose a été faite, parfois il y a plusieurs mois ou plus d’un an, et le schéma n’a pas été complété. Les parents supposent parfois que c’est terminé, surtout si le sujet n’a pas été abordé depuis. Un schéma incomplet peut être repris – le médecin vérifiera le nombre de doses déjà reçues et proposera la suite du protocole. Ne supposez pas que c’est fini parce qu’une injection a eu lieu.
Tamika Felder, dont le parcours après un cancer du col de l’utérus a été documenté, est l’une des voix qui rappellent ce que ce type de cancer peut changer dans une vie. C’est le genre de contexte qui donne du poids à une décision vaccinale qui peut sembler abstraite.
Ce qu’il faut vérifier dans le carnet de santé
- Nombre de doses reçues : y a-t-il une, deux entrées pour le vaccin HPV, ou aucune ?
- Date de la dernière injection : depuis combien de temps le schéma est-il en cours ou interrompu ?
- Âge actuel de votre enfant : à mentionner au médecin pour qu’il situe la démarche dans le calendrier vaccinal adapté.
- Prochain rendez-vous : à planifier avec le médecin traitant ou le pédiatre pour faire le point et, si nécessaire, démarrer ou reprendre le schéma.
Si le carnet ne mentionne aucune injection HPV, la démarche est simple : un rendez-vous médical suffit pour évaluer la situation et démarrer si c’est indiqué. Si une dose figure déjà, apportez le carnet à la consultation – le médecin vérifiera si le schéma est complet ou s’il reste des injections à programmer.